I) "You attract me" :
New York est la vitrine d'une culture à laquelle on s'identifie.

 

A) Une attirance historique

Depuis plusieurs siècles, les Etats-Unis accueillent de nombreux immigrés, notamment originaires d’Europe. Ceux-ci arrivaient majoritairement par le port de New-York où leur regard était inéxorablement attiré par la Statue de la Liberté, un des symboles des raisons de leur venue. Cependant leur acceptation définitive n’était validée qu’après le passage par la " Gate to America ", plus connue sous le nom d’Ellis Island. Le témoignage d’ un des nouveaux arrivants est éloquent : " I will never forget the joy I felt when I saw the tall buildings of New York and the Statue of Liberty after so many dark days on board that crowded ship. There was the symbol of all my dreams — freedom to start out in a new life. Then came Ellis Island ". Les nouveaux arrivants y étaient en effet soumis à de nombreux examens et interrogations visant à sélectionner de bons citoyens américains potentiels.

Ces immigrés qui ont fui la misère et les oppressions religieuses ou politiques de leur pays d’origine, aspiraient à la réussite sociale et aux libertés individuelles que leur offrait l’Amérique. Ils avaient foi dans le mythe de l’American Dream qui leur promettait la réalisation de leurs rêves dans ce pays dit de milk and honey. Ils ont dû dépenser toutes leurs économies pour s’offrir le ticket de bateau qui leur permettrait de repartir à zéro.

Pour les populations du monde entier le modèle américain était avant tout un modèle urbain, représenté à travers sa ville mythique : New-York. De plus la modernité américaine réside en premier lieu dans l’efficacité de l’entreprise ; notamment grâce aux méthodes tayloriennes et fordiennes au début du vingtième siècle appliquées par la grande majorité des usines des grandes villes. En effet la ville symbolise une réussite sociale presque certaine due à ses nombreuses offres d’emploi, à ses infrastructures, à ses possibilités d’échanges culturels. Elle apparaît comme un lieu de prospérité où chacun peut être assuré d’une vie confortable à la condition d’un investissement quasi-complet dans le travail. Ceci est illustré par le mythe américain du self made man à travers des exemples célèbres tels que Rockfeller : " From rags to riches ".

Ainsi, l’espoir d’une vie d’opulence était un puissant facteur d’attraction et de motivation pour la main d’œuvre immigrée. Le symbole en est la maison individuelle, un mobilier abondant, la TSF et pour les plus aisés d’entre eux l’automobile, qui résume à elle seule les avantages de cette société de consommation.

Le désir de réussite sociale n’était pas la seule raison de leur venue. L’American Dream représentait également une aspiration à la liberté : libertés d’expression, de culte, d’entreprendre, assurées par la démocratie, comme pour les irlandais qui ont fui la répression anti-catholique au milieu du XIXème siècle. New York illustre parfaitement cette tolérance que recherchent les nouveaux arrivants. En effet, ceux —ci avaient la possibilité de s’installer dès leur arrivée à New York dans des communautés regroupant les différentes minorités ethniques. Ils pouvaient ainsi, tout en conservant leurs particularismes culturels, apprendre la langue et s’intégrer facilement en gagnant leur vie. Ces communautés formaient à l’intérieur même de la ville des quartiers qui restaient volontairement marginaux. Cette volonté de ne pas se mélanger contrastait avec le fait que tous ces Newyorkais recherchaient en définitive le même résultat : richesse et intégration.

En fait, New York était la vitrine ethnique et culturelle des Etats-Unis, d’où son surnom de Melting Pot.

 

Sources : - L’Etat des Etats-Unis, A.Lennkh et M-F Toinet, Edition La Découverte, 1990